Georgia flagTskaltoubo, Géorgie : sanatoriums soviétiques abandonnés, bains thermaux et grotte de Prométhée

Mis à jour en octobre 2026

Tskaltoubo est une station thermale soviétique près de Koutaïssi, où des sanatoriums de marbre bâtis comme des palais se dressent aujourd'hui, vides, au milieu de la forêt. J'y ai passé une journée à les parcourir, et c'est l'un des endroits les plus étranges que j'aie vus.

Ce guide réunit ma visite et la partie pratique : quels sanatoriums voir, comment les visiter sans danger, les bains qui fonctionnent encore et leurs prix. Il explique aussi comment venir depuis Koutaïssi pour 2 GEL et ajouter la grotte de Prométhée dans la même journée.

Denis Yurchak

Par Denis Yurchak

8 min de lecture

La grande salle abandonnée du sanatorium Metallurg à Tskaltoubo, avec de hautes fenêtres cintrées, des murs de marbre et une scène incurvée
La grande salle abandonnée du sanatorium Metallurg à Tskaltoubo, en Géorgie. Photo: Alexey Komarov / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

En résumé

  • Tskaltoubo est une station thermale soviétique aux eaux radonées, avec environ 20 sanatoriums, presque tous vides depuis les années 1990 et ouverts à qui veut y entrer.
  • À voir en priorité : le sanatorium Medea, la grande salle du Metallurg et le bain personnel de Staline aux Bains n° 6, toujours en service.
  • Comptez 20 à 25 minutes depuis Koutaïssi : le minibus n° 30 coûte 2 GEL, un Bolt environ 13 à 20 GEL.
  • La Géorgie est hors de l'UE, donc l'itinérance coûte cher. Une eSIM Géorgie vous donne des données pour Bolt et les cartes dès l'atterrissage.

Ma journée à Tskaltoubo

La plupart des Occidentaux qui viennent en Géorgie viennent pour le vin, la cuisine et les montagnes. Moi, je suis venu pour une station thermale soviétique abandonnée.

Tskaltoubo a été construite comme ville thermale pour les travailleurs soviétiques, avec des sanatoriums de marbre qui ressemblent à des palais. À l'effondrement de l'Union soviétique, le nouvel État géorgien n'avait pas les moyens de la faire tourner, et presque tout a été laissé à l'abandon.

Dans l'un des sanatoriums où je suis entré, j'ai entendu des pas lourds au rez-de-chaussée. C'étaient des vaches et des cochons qui erraient dans ce qui était autrefois le hall.

À l'étage, il y avait une immense salle de bal, un ancien cinéma et des décors que je n'attendais pas dans une ruine. Ce luxe avait un but : montrer aux ouvriers qu'ils avaient désormais ce que seule l'aristocratie pouvait s'offrir avant la Révolution.

Certains bâtiments abritent encore des familles qui ont fui la guerre d'Abkhazie dans les années 1990, et dans l'un d'eux, des habitants m'ont demandé une petite somme pour entrer. Les logements de fortune et les cabanes aménagés dans les vieilles ailes m'ont rappelé Fallout ou Metro 2033.

Dans un bâtiment restauré tout près, j'ai trouvé Staline peint parmi des ouvriers et des enseignants. Et oui, les stations thermales soviétiques avaient la réputation de favoriser les amours de vacances, ce que les Russes appellent encore un kurortny roman.

Tskaltoubo en bref : un peu d'histoire

Les sources chaudes de Tskaltoubo ont été déclarées station thermale en 1920, et les travaux ont commencé en 1926. La ville a été dessinée autour d'un parc central, et beaucoup des sanatoriums les plus grandioses ont été bâtis dans les années 1950, dans le style néoclassique stalinien.

À son apogée, elle comptait environ 20 sanatoriums et neuf établissements de bains, alimentés par une eau radonée entre 33 et 35 C. Les curistes venaient de toute l'Union soviétique, y compris par un train direct depuis Moscou.

Après 1991, les clients ont cessé de venir. À partir de 1993, les sanatoriums vides ont accueilli des milliers de déplacés de la guerre d'Abkhazie, et la plupart n'ont été relogés dans des appartements neufs qu'entre 2021 et 2023.

Depuis 2022, le gouvernement met les sanatoriums aux enchères auprès d'investisseurs dans le cadre de son programme Nouvelle vie de Tskaltoubo. Medea et Tbilissi ont été vendus, mais à la mi-2025, plus de la moitié des bâtiments proposés n'avaient toujours pas trouvé preneur.

Les sanatoriums à voir

Il y a une vingtaine de bâtiments, et le meilleur se voit en une demi-journée à pied. Voici ceux que je ne manquerais pas.

Sanatorium Medea

La ruine la plus photographiée, construite de 1957 à 1962, avec une colonnade de marbre, une rotonde et une cour envahie par la végétation. On pouvait y entrer librement début 2026, mais elle a été vendue aux enchères : elle sera peut-être clôturée lors de votre visite.

Sanatorium Metallurg

C'est ici que se trouve la grande salle de la photo ci-dessus, avec ses hautes fenêtres cintrées et sa scène. Des familles vivent encore dans une partie du bâtiment, et un habitant ou un gardien demande en général environ 5 GEL pour entrer.

Sanatorium Imereti

Connu pour son double escalier et sa coupole. Il était ouvert lors des dernières visites, donc la seule vraie limite est l'état apparent des planchers.

Bains n° 6, le bain de Staline

Construits en 1950 pour Staline, avec son bain privé et, sous le portique, une frise montrant Staline accueilli en grande pompe. L'établissement fonctionne toujours, vous pouvez donc le visiter et prendre un bain au cours de la même visite.

Visiter prudemment et avec respect

Rien ne vous empêche d'entrer, et c'est précisément pour cela qu'il faut être prudent. Ces bâtiments se délabrent, et certains sont encore habités.

Regardez où vous mettez les pieds

Escaliers, balcons et planchers s'effritent, et il y a du verre brisé partout. Portez des chaussures fermées, évitez les sols qui semblent mous et n'explorez pas seul.

Des gens vivent ici

N'entrez pas dans les couloirs où vivent des familles, demandez avant de photographier quelqu'un et payez la petite somme d'entrée si un habitant vous la demande.

Respectez les nouvelles clôtures

Les bâtiments vendus sont peu à peu clôturés et certains ont désormais des gardiens. Si une clôture ou un gardien vous dit non, passez au sanatorium suivant.

Le parc et les bains en service

La ville s'enroule autour d'un parc central d'environ 70 à 80 hectares, à peu près le quart de Central Park à New York. Les établissements de bains s'y trouvent, parmi de vieux cèdres et des allées où les curistes marchaient autrefois entre deux soins.

Deux établissements fonctionnent encore : la Source n° 1 et la Source n° 6, ouvertes tous les jours de 10:00 à 17:00. Un bain ponctuel en cabine privée au n° 6 coûte 25 GEL, la piscine commune du n° 1 coûte 20 GEL, et les deux reviennent moins cher si vous réservez une cure.

Le Legends Tskaltubo Spa Resort, un ancien sanatorium militaire restauré, propose des visites de sa salle de concert, de son musée et de la chambre de Staline pour environ 20 GEL.

Venir depuis Koutaïssi

Tskaltoubo est à environ 15 km de Koutaïssi par la route, soit 20 à 25 minutes de trajet. Koutaïssi a l'aéroport et les liaisons ferroviaires les plus proches, donc la plupart des visiteurs viennent de là pour la journée.

Atterrir à Koutaïssi (KUT)

L'aéroport international de Koutaïssi est une base Wizz Air, avec des vols depuis toute l'Europe. Une navette à 5 GEL, calée sur les arrivées, rejoint le centre de Koutaïssi, ou vous pouvez prendre un Bolt directement pour Tskaltoubo.

Train depuis Tbilissi

Les trains de la ligne Tbilissi-Batumi s'arrêtent à la gare de Kopitnari, à côté de l'aéroport de Koutaïssi. Les horaires changent, alors vérifiez horaires et tarifs sur tickets.railway.ge avant de partir.

Minibus n° 30 pour 2 GEL

Le minibus n° 30 part de l'autre bout du Pont Rouge, dans le centre de Koutaïssi, toutes les 15 à 20 minutes environ, entre 08:00 et 19:00, pour 2 GEL. Le n° 34 part toutes les heures de la gare routière centrale.

Bolt ou taxi

Bolt fonctionne à Koutaïssi. Comptez environ 13 à 20 GEL par trajet, soit à peu près 5 à 7,50 $, et gardez les données activées pour commander un retour depuis les sanatoriums.

Vous atterrissez plutôt à Tbilissi ? Mon guide de l'aéroport de Tbilissi explique comment rejoindre la ville. Vous continuez ensuite vers la mer Noire ? Batumi est l'étape suivante.

Guide de l'aéroport de TbilissiGuide de voyage Batumi

À combiner avec la grotte de Prométhée et Sataplia

La grotte de Prométhée et la réserve de Sataplia sont à quelques minutes de route de la ville, et tiennent donc dans la même journée que les sanatoriums. Mon ordre : la grotte le matin, les ruines après le déjeuner et un bain au n° 6 avant la fermeture à 17:00.

Grotte de Prométhée

Une heure de marche à travers six salles éclairées d'une immense grotte. Les adultes étrangers paient 40 GEL, plus 30 GEL pour la balade facultative de 15 minutes en bateau souterrain, annulée quand l'eau est haute. Ouvert tous les jours, de 10:00 à 17:00.

Réserve naturelle de Sataplia

Des empreintes de dinosaures, une petite grotte, un sentier forestier et une plateforme panoramique en verre, fermée par temps de pluie ou de neige. Les adultes étrangers paient 30 GEL guide compris, et c'est plus simple avec des enfants que Prométhée.

Données mobiles en Géorgie

La Géorgie est hors de l'UE : les forfaits d'itinérance européens ne s'y appliquent pas, et l'itinérance depuis le Royaume-Uni, les États-Unis ou le Golfe est facturée au tarif international. À Tskaltoubo, il vous faut des données pour Bolt, les cartes et le trajet du retour.

Une eSIM Géorgie installée avant le départ se connecte dès l'atterrissage à Koutaïssi. Les forfaits Géorgie d'eSIMPal passent par Magti et Silknet, et Magti couvre environ 99 % des zones habitées du pays.

Questions fréquentes

Est-il sûr de visiter les sanatoriums abandonnés de Tskaltoubo ?

De jour, globalement oui. Le danger vient des bâtiments eux-mêmes : escaliers qui s'effritent, planchers fragiles et verre brisé. Portez de bonnes chaussures, évitez les sols qui semblent mous et n'entrez pas seul.

Faut-il payer pour entrer dans les sanatoriums ?

La plupart sont gratuits. Au Metallurg, un habitant ou un gardien demande en général environ 5 GEL, et le Legends Spa Resort restauré facture environ 20 GEL sa visite guidée.

Combien de temps faut-il prévoir à Tskaltoubo ?

Une journée complète suffit pour trois ou quatre sanatoriums, un bain au n° 6 et la grotte de Prométhée. Passez une nuit à Koutaïssi ou à Tskaltoubo si vous voulez prendre votre temps.

Comment aller de Koutaïssi à Tskaltoubo ?

Prenez le minibus n° 30 depuis le Pont Rouge pour 2 GEL, toutes les 15 à 20 minutes, ou un Bolt pour environ 13 à 20 GEL. Le trajet dure 20 à 25 minutes.

Les touristes peuvent-ils se baigner dans les sources de Tskaltoubo ?

Oui. La Source n° 6 et la Source n° 1 sont ouvertes tous les jours de 10:00 à 17:00. Un bain privé ponctuel au n° 6 coûte 25 GEL, et la piscine commune du n° 1 coûte 20 GEL.

À quelle distance de Tskaltoubo se trouve la grotte de Prométhée ?

À quelques minutes de route du centre. L'entrée coûte 40 GEL pour les adultes étrangers, la balade en bateau 30 GEL de plus, et la grotte est ouverte tous les jours de 10:00 à 17:00.

Faut-il écrire Tskaltubo ou Tskhaltubo ?

Les deux, et Tsqaltubo aussi. Ce sont des translittérations différentes du même nom géorgien, წყალტუბო. En français, on écrit souvent Tskaltoubo.

Mon téléphone fonctionnera-t-il à Tskaltoubo ?

Oui, avec une SIM locale ou une eSIM Géorgie. L'itinérance avec une SIM étrangère coûte vite cher : installez une eSIM Géorgie avant de partir et vous aurez des données dès l'atterrissage.

Vous partez à Tskaltoubo ? Atterrissez connecté

Vous aurez besoin de votre téléphone pour les courses Bolt, les cartes et les billets de la grotte. Installez une eSIM eSIMPal pour la Géorgie avant de partir : elle se connecte dès l'atterrissage à Koutaïssi, sans facture d'itinérance ni file d'attente en boutique SIM.

Sources et dernière mise à jour

Dernière mise à jour le 8 octobre 2026. D'après ma propre visite, la municipalité de Tskaltoubo et georgia.travel, les articles Wikipédia sur Tsqaltubo et leurs sources, la grille tarifaire officielle des Sources n° 1 et n° 6, l'Agence géorgienne des aires protégées pour les tarifs de la grotte de Prométhée, et les reportages de JAMnews, Civil.ge, The World, CS Monitor et RFE/RL. Les prix et l'accès aux bâtiments changent vite : vérifiez le jour même.

Guide de Tskaltoubo (Tskaltubo) : sanatoriums soviétiques abandonnés, bains thermaux et grotte de Prométhée | eSIMPal